La tolérance c’est de pouvoir dire
oui là où notre culture nous amènerait à dire non. Dans « tolérer »,
on a envie de rapprocher une notion de « supporter ». On tolère un
voisin bruyant. On a donc un « tolérer » positif lorsqu’on fait un
effort vers l’autre ; et un « tolérer » négatif lorsqu’on se
sent trop faible ou trop indifférent pour agir dans une situation donnée.
Mais jusqu’à quel point peut-on être
tolérant ? Est-ce que refuser une pratique qui nous semble liberticide est
une atténuation du principe de tolérance ? Le débat sur le port du voile
dans les établissements scolaires en est une parfaite illustration. Les
défenseurs de la loi se sont mis à parler d’intolérance religieuse pour
qualifier les prescripteurs du port du voile, et de l’autre côté, le terme
d’ « intolérance laïque » est apparu sur le devant de la scène,
avec la fustigation des « laïcards » par
les religieux.
La tolérance implique-t-elle
réellement de tout accepter ? Ou alors doit-on mettre des limites pour
justement protéger le principe même de tolérance ? On peut se permettre de
paraphraser Laffer en disant : Trop de tolérance tue la tolérance !
Et puis, une trop grande tolérance
ne serait-elle pas au final synonyme d’indifférence ?
Patricia