A-t-on besoin du mensonge pour vivre ?
Pour vivre peut être pas, pour faciliter la vie souvent. C’est lâche mais je craindrais que la moitié de l’humanité ne tape sur l’autre moitié si pris d’un irrésistible besoin de vertu, les rapports entre êtres humains devenaient exempts de toute fausseté : Ainsi, je me retiens parfois de dire ce que je pense réellement de telle ou telle autre attitude que l’on me demande de qualifier.
En effet, je ne pense pas qu’il y ait un grand dommage à se servir du mensonge pour présenter et/ou édulcorer une mauvaise nouvelle. Si le mensonge est un facteur d’apaisement, son utilisation me semble justifié.
Le mensonge pour se protéger est également compréhensible et je ne vois pas avec quels arguments on pourrait reprocher à un salarié de dissimuler une « faute ».
Que celui qui n’a jamais tricher avec la pointeuse, lève le doigt !! Ne pas avoir utilisé une pointeuse pendant sa vie professionnelle n’exclut pas du mensonge par protection car le rapport de force Salarié/Possédant est le même, qu’il s’agisse d’un ouvrier vis-à-vis de son chef d’atelier, ou du jeune professeur interrogé par son inspecteur académique.
Enfin, pourquoi résister à notre désir enfantin du « merveilleux » ? Doit-on considérer les écrivains comme de talentueux menteurs dont nous gobons les affabulations. Si c’est le cas, l’imagination devient suspecte et la création subordonnée à des preuves définies sur je ne sais quels critères.
J’ai toujours trouvé suspect celui qui dénonce « par amour de la vérité » parce que c’est souvent l’habit vertueux d’un mensonge par intérêt ou pire d’une méchanceté. A mon avis, c’est le mensonge à expliquer pour qu’il n’en reste nulle trace dans l’esprit de ceux qui en ont eu connaissance, car le fameux « il n’y a pas de fumée sans feu » reste la preuve de l’impact que peut avoir un mensonge élaboré pour nuire.
Sans en faire l’apologie je considère qu’il y a mensonges et mensonges et qu’ils ne méritent pas tous la même réprobation.