LA DELATION

 

 

 

                        Dire qu’il s’agit d’une mauvaise action c’est entendu, mais sa motivation peut ne pas être condamnable : Personnellement, si j’ai connaissance  de mauvais traitements infligés à un individu fragile (enfant, vieillard ou handicapé) je n’aurais aucun état d’âme à me rendre au bureau de police le plus proche et dénoncer la chose.

 

                        Hormis cet exemple valorisant, je pense que la délation peut résulter d’autres facteurs :

                        Tirer grande satisfaction de l’air intéressé de l’interlocuteur à qui l’on dévoile

ce que l’on sait et qu’il ignore. C’est la délation « vanité »elle reste anodine tant que l’on est pas obligé d’en rajouter pour garder l’attention de celui ou de celle que l’on veut épater.

                        Utiliser la délation comme moyen de pression : Je pense au marchandage des cours de récréation « Si tu ne me donnes pas ce que je veux, je dirais à la maîtresse que tu l’as

traitée de peau de vache ».C’est déjà de la délation avec intérêt personnel dont nous avons tous connu les développements dans notre vie professionnelle.

 

                        Quand on parle délation, on pense tout de suite aux désordres de la fin de la guerre et aux excès qui en ont résulté, suite à des dénonciations vraies ou fausses. L’époque était propice à des règlements sans nuance et si le délateur profitait du moment pour assouvir son penchant , il se révélait d’autant plus dangereux que ses dires étaient acceptés sans trop d’examen.

           

           

                        Le fin du fin, la délation qui ne rapporte rien mais qui fait très mal. Répandre une rumeur invérifiable à l’encontre d’une personne ou d’un groupe, de telle sorte que l’origine de la délation soit suffisamment floue pour empêcher toute défense. Je pense en particulier à la dénonciation d’une soit disant empoisonneuse condamnée à la prison sur la dénonciation de bonnes amies qui n’avaient aucun intérêt dans l’affaire en question. Heureusement que le procès a eu lieu au 20ème siècle, 100 ans plus tôt sa tête y passait.

 

 

                                                                                                            Monique