ATTITUDES VIS A VIS DE L’ARGENT
L’argent n’est pas honteux, surtout pas le mien. non non
Les Français ne veulent pas dire le montant de leur revenu, car nos sociétés
ont tendance à considérer que celui qui gagne le moins de fric
ne mérite pas d’en avoir plus.
S’agit-il de Gustave ? je ne l’ai pas consulté non plus,
mais le Sécu dans sa grande générosité m’octroie
882,32 Euros par mois auxquels il convient d’ajouter 780 Euros résultant
de deux retraites complémentaires. Enfin je confesse que j’ai joué
souvent à des jeux de hasard non pour arrondir mes fins de mois, mais
pour crouler sous une masse de fric. En effet, si mes revenus m’ont permis
de m’entretenir très agréablement j’aurais apprécié
d’y ajouter un grand grain de folie
Pour moi, il y a deux sortes d’argent : L’un correspond à
la rémunération d’un travail, il résulte d’un
rapport de force entre moi salariée et le possédant. Entre les
deux, pas d’accord possible, le plus fort gagne, mieux positionné
ou mieux défendu. L’autre correspond à ce que j’appelle
« l’argent donné », par hasard ou par héritage,
ni volonté ni compétence n’a été sollicitée
c’est de l’argent gratuit, que je me permettrais presque de snober
si je ne le réservais pas, dans mon esprit, à satisfaire mes envies
bien plus que mes besoins.
Une société basée sur le troc peut paraître séduisante,
mais je craindrais que celui qui tend d’une main un objet à échanger
ne cache l’autre main armée d’un gourdin. L’horreur
absolue résulterait d’une société basée sur
l’esprit : qui évaluerait ? sur quels critères ?
pour aller jusqu’au bout, mais sans souffrance je demanderais en qualité
de « Beta moins, moins » le droit à ma ration quotidienne
de soma comme promise par A Huxley. J’ai entendu également parlé
d’une société où l’argent est remplacé
par le Sel. Dans ce dernier cas, je m’installerai en Alsace près
de la mine adéquate, car je reste persuadée que l’argent
n’a rien à voir avec nos attitudes les plus critiquables. Il incarne
une idée de puissance qui nous satisfait s’il est le moyen de narguer
le voisin moins chanceux.
Pour conclure, je persiste à déclarer que l’argent n’est
pas honteux, c’est à nous de ne pas lui donner une valeur dépassant
ce qu’il est censé évaluer.
Monique
