La Turquie


Deux hommes politiques de partis différents ont déclaré que la Turquie n’avait pas vocation d’intégrer la Communauté Européenne, tous deux déclarant qu’il ne s’agit pas d’un pays européen.
Au moment où l’adhésion de la Turquie à la Communauté Européenne va devenir possible, l’Europe la rejette sans que ses motifs soient bien clairs.

Les européens ne sont pas unis par une langue commune, les formes de gouvernements ne sont pas identiques mais tous démocratiques, la Turquie en abolissant la peine de mort a levé le dernier obstacle à son adhésion. Nous ne pouvons plus au 21e siècle nous réclamer de la religion chrétienne, non que celle-ci ait disparu mais elle ne conditionne plus la vie des européens. La peur de l’intégrisme islamique peut expliquer ces prises de position à moins que nos gouvernants ne craignent que la Turquie joue, malgré elle, le rôle du cheval de Troie.
En effet, si la Turquie n’est pas le seul pays à avoir concédé des bases aériennes aux Etats Unis, c’est un pays pauvre qui aura bien du mal à résister aux desiderata de son puissant locataire qui gardera ainsi un œil sur la politique européenne avec les moyens de l’infléchir dans le sens de ses intérêts. Alors que faire ?

Laisser la Turquie, au bord du chemin de la modernité en la rejetant dans les bras d’un islamisme d’autant plus dangereux qu’il représentera la seule force capable de réduire les inégalités engendrées par trop de pauvreté ? Je rappelle que le FIS en Algérie a construit son assise populaire en accaparant le terrain des bonnes œuvres. Les droits du peuple doivent remplacer les bonnes œuvres en Turquie comme partout ailleurs et si son adhésion à la Communauté Européenne peut aider ce pays à développer une société moderne plus égalitaire, les européens devront s’en féliciter. Car si la Turquie n’est pas un pays riche elle entretient une armée qui n’a rien à envier aux nations les plus modernes et les européens ne devraient pas oublier cet aspect du problème avant de laisser la Turquie se tourner vers des alliés moins regardants.

Enfin la Turquie est en droit de s’étonner de ces hésitations alors que sa candidature à la Communauté Européenne a été regardée comme « évidente » depuis des années et encouragée par les divers gouvernements qui se sont succédés depuis la création de la communauté.
Le prétexte géographique ne tient pas la route


Monique