Existe-t-il encore une classe ouvrière

            Si je me rappelle bien mes cours de syndicalistes CGT, on appelait classe ouvrière "l’ensemble des travailleurs qui vendaient leur force de travail". Cette définition ne m’apparaît pas comme obsolète pour l’époque, le gros des troupes étant constitué par les ouvriers, il était normal d’appeler cet ensemble "la classe ouvrière". D’autant, qu’une grande majorité de cadres, ingénieurs ou autres, issus le plus souvent de milieux aisés se considéraient comme plus proche des patrons, que des ouvriers. J’ai moi-même constaté ce comportement lors d’une étude faite dans les années 70 sur l’utilisation des "atmosphères contrôlées" dans l’industrie métallurgique. A l’époque que ce soit chez Hispano-Suiza (nez du concorde), Renault, Usinor, Citroën, Peugeot …etc., ces Messieurs les Ingénieurs avaient pour consigne de ne pas se mêler aux ouvriers, salle à manger pour les uns, réfectoire pour les autres…… A cette époque, les ouvriers ne vivaient plus heureusement la misère décrite par Zola, le plein emploi était une réalité et dans ce quartier ouvrier du XXème où j’habitais les gens travaillaient dur mais vivaient, non pas un rêve, mais une vie plus enviable sans comparaison aucune à celle vécue actuellement dans ces ghettos modernes construits hors de nos villes où pue la misère. L’espoir d’un monde meilleur habitait alors le cœur de ces ouvrier(e)s, espoir si bien illustré dans ce film si réaliste intitulé : "Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents communistes"

Mais depuis cette époque bien des choses ont changé, fermeture, délocalisation, chômage, salaires inférieurs au SMIG, chute brutale du nombre de syndiqués (moins de 56% en vingt ans*), alors que dans le même temps les habitations principales équipées de salle d’eau passent de 46% à 93% * etc…..

Entre temps la classe moyenne a fait son apparition rejetant d’un côté les riches de l’autre les plus pauvres de plus en plus nombreux…… Le monde politique emboîte alors le pas pour défendre cette nouvelle classe :

A la suite de Nicolas Miguet, le mercredi 15 octobre 2003 trois députés dont Maxime Gremetz écrivent à la COB (commission des opérations de bourse) pour soutenir les demandes des petits actionnaires détenteurs d’actions Eurotunnel !

La classe ouvrière a vécu …………

Michel

* Sources INSEE.