Pression de l’opinion publique qui se décoince ou des médias, il semble aujourd’hui en France qu’on puisse parler de tout librement : Pas si sûr ! …
Si l’évolution des mœurs s’est accélérée depuis 68 -au sujet du divorce, du statut de la femme (pilule, avortement etc..), de la liberté sexuelle de la jeunesse, de la distance avec les religions, d’autres domaines restent irrémédiablement tabous :
– Les secrets d’Etat justifiés par la "raison d’Etat" - les affaires aussitôt étouffées -
– L’armée toujours la "grande muette", malgré quelques percées à propos des scandales, tortures, humiliations, révélés depuis la guerre d’Algérie.
– Quant à nous, reste tabou "ce qui fâche", ce qui touche, dans la vie privée nos situations extrêmes, marginales, délicates, confidentielles - par exemple :
– L’argent : la fortune personnelle, le salaire, les échelons, les impôts, les héritages ou le gros lot, l’appartenance à un club mondain, Rotary ou Franc-maçonnerie… on en parle pas. La misère, le harcèlement des huissiers, fréquenter les restos du cœur, on en parle pas non plus.
Tout cela par pudeur-
– De même pour les appartenances sociales, politiques et religieuses - les secrets de famille, les haines héréditaires, la mort -qui fait toujours peur-, la maladie d’un proche comme le sida ou un handicap lourd ou l’homosexualité. On débat sur la prostitution, la pédophilie mais pas sur la prostitution masculine ou la bisexualité-.
– Dans notre pays démocratique être juif semble encore inavouable, exposé au racisme autant qu’être issu de la vieille bourgeoisie ou tomber dans la précarité =:Silence. Des singularités qui dérangent, donc à taire.
Hors les religions admises, s’intéresser à la spiritualité, à la philosophie, thèmes incontournables et passionnants il y a 30 ans à peine, paraît aujourd’hui relever d’un esprit … irresponsable. L’état, via les médias, qui manipule même nos états d’âme, nous met assez en garde contre des dérives de pensées qui pourraient bien nous mener … droit aux sectes !!!
Bravo ! Voilà notre liberté de penser muselée et lisse, bien dans les rails du "socialement correct". L’urgence est plus dans "la gestion" d’une situation matérielle qui se fragilise que dans le salut de l’âme et l’harmonie sociale… Comme on est loin de Gandhi, même s’il est de bon ton de vénérer le Dalaï-lama !
Notre société, qui heureusement se mobilise pour les grands procès et protestations humanitaires, se dédouane d’un égo qui ne supporte ni l’éducation morale et civique, ni la culture.
Elle peut donc se rassurer en conservant longtemps encore des sujets tabous qui dérangent son miroir de poche.
Jacques