Normalement la notion de mur devrait correspondre à quelque chose en plus ou moins dur qui sépare.
Déjà dans ces 3 mots : « normalement, devrait et le plus ou moins «, le flou commence à ébranler la séparation.
Normalement ? Ce mot implique que ce n’est pas toujours comme ça. Le mur de la prison n’est pas infranchissable, le mur du son ne l’est plus.
Devrait ? Oui mais il ne le fait pas toujours. Le mur de Berlin a parfois été franchi. A quel prix ? Mais quand même. La preuve c’est qu’il a fini par être abattu.
Plus ou moins dur ? Il y a bien les murs entourant une propriété ou le mur de silence dans lequel quelqu’un s’enferme, ne serait-ce que pour sa défense, comme on le voit en ce moment aux assises.
Nous voilà avec plein de sortes de murs en tête. Certains résistent même sous la torture, d’autres sont branlants comme la laïcité à l’école, d’autres s’effondrent : voyez l’effet des cyclones, inspectez le mur des convictions.
Les murs, il faut les détruire dit-on. Ah ! Bon ! le Mur de la ligne Maginot n’a pas empêché le mur de l’Atlantique, le mur de la Honte n’empêche pas le mur d’Israël. On prend les mêmes et on recommence.
Alors, château branlant que tout cela ?
Non. Il reste le mur qui sépare ceux dont les intérêts financiers sont différents. Il y a toujours eu un mur entre ceux qui travaillent et ceux qui exploitent.
Il reste aussi le mur du non-dit qui rarement se fendille et qui peut empoisonner toute une vie.
Et puis il y a le dernier mur que l’on franchit. Celui là seulement est commun à tous les hommes et rien ne lui résiste.