Les Tabous

 

 

Peu de sujets restent encore tabous en France. Je n’en vois que deux. : la sexualité personnelle et le montant réel des fortunes.

Je n’en parlerai donc pas.

Par contre ce qui me paraît intéressant c’est de jeter un coup d’ou d’œil, furtif quand même, sur la manière dont les vieux tabous se sont levés.

Des faits se produisent et puis leur récit se colportent par soit par le bouche à oreille soit par l’intermédiaire des médias qui vont puiser leurs sources dans les faits divers, les audiences de tribunaux.

De deux choses l’une: où le sujet est porteur, où il n ‘est pas présumé l’être. De là dépend en plus grande partie de ce qu’il va devenir. Bien présenté, argumenté, il suffit parfois de l’adéquation du mot choisi pour le dénommer pour qu’une vague se profile à l’horizon et arrive plus ou moins lentement vers le rivage des oreilles bien ouvertes par la préparation d’un terrain favorable à son écoute.. le temps de latence peut être très long et se faire par petites vagues progressives. Il faut parfois plusieurs générations pour qu’un tabou devienne sujet d’ouverture au grand jour.

C’est alors que dans certaines couches de la société, le tabou va disparaître pour devenir un sujet dont on parle déjà avec réticence puis très ouvertement. Cette levée va transformer le tabou en un sujet banal. Mais il laisse cependant encore des racines très profondes chez un certain nombre de personnes qui peuvent s’étaler sur plusieurs générations.

Le tabou n’est pas à confondre avec l’interdit qui est plus labile et ne touche que des événements et non pas des manières de protéger pour diverses raisons philosophiques, religieuses ou politique, l’équilibre acquis par un consensus de notre société. Car le tabou, c’est de cela qu’il s’agit.

Jacqueline