Le sacré
En politique, le sacré ne me
renvoie à rien du tout. Justement parce que je ne vois rien qui soit
inviolable, inaltérable, vénérable et religieux. C’est même le contraire que je
constate.
A la rigueur, le vote dans
l’isoloir pourrait être sacré.
A
la rigueur, aussi, la Marseillaise chantée en chœur par des soldats défilant un
14 juillet sur les Champs Elysées, pouvait relever du sacré. Mais cela n’a plus l’air de se
faire d’une manière suffisamment majestueuse et puis, les paroles en sont
devenues contraires à ce que je pense de toute guerre parce que forcément
sanglante et meurtrière. Donc voilà un chant qui, pour moi, garde une valeur,
mais celle ci s’est mutée en sensiblerie avant coureur de la vieillesse.
Le sacré en religion n’est
pas de mon ressort, je n’ai aucune croyance en la matière.
Alors, que me reste-t-il de sacré ?
A bien y réfléchir, pas mal
de choses. Mais elles me sont personnelles. D’ailleurs, le sacré ne varie-t-il
pas pour chacun d’entre nous et selon son temps et le contexte dans lequel nous
le plaçons.
Que mets-je au rang du
sacré ?
Mes proches : mari,
enfants, petits enfants, mes parents. Qu’on ne leur touche pas un cheveu !
Que l’on n’attaque pas leur dignité ! C’est sacré.
Mes vrais amis, ensuite, même
réaction qui pourrait être violente verbalement.
La vie, aussi qui est sacrée
en elle-même.
Et puis des tas de petites
choses ou faits qui n’ont d’importance que pour moi. Je citerai au hasard de ce
qui me vient en tête et que je veux bien vous dire: une photo; la petite écharpe
peinte par l’un de mes enfants et qu’il m’a offert à l’occasion d’une lointaine
fête des mères ; mon acharnement à faire ce que je peux pour défendre les
droits de l’homme; la bague que mon futur mari m’a offerte et que je porte
d’une manière continue.
Et puis, pour conclure, il y
a tout ce que je ne vous dirai pas. Parce que le sacré cela relève de l’intime.
Si je vous le disais, je le désacraliserais et j’ai besoin du sacré, de mon
sacré à moi, pour survivre à toutes les embûches de la vie.
Jacqueline