QU’EST-CE QUI EST SACRÉ ?

La notion de " sacré ", dans l’histoire et dans l’actualité, est primitivement liée à l’idée de dieu, d’un dieu tellement puissant qu’il nous interdit absolument de pénétrer dans une partie de son domaine. Le profane le profane s’il s’aventure à s’y aventurer (hi, hi, hi !). C’est le tabou relaté par Cook.

Le sacré s’étend au domaine moral – oncle Sigmund étudie totems et tabous – et les idéologues politiques y font appel pour protéger ce qui selon eux doit l’être.

Pour ma part, l’idée qu’il existe des choses inviolables, à qui on doit un respect absolu, ne me choque pas. C’est même nécessaire pour vivre en sécurité.
Mais quelles doivent être ces " choses " ?

Ma conclusion est que ces choses sont des idées, et surtout pas des symboles.
Celui qui brûle une étoffe tricolore n’entame en rien les idées de liberté, d’égalité ou de fraternité. (Pas plus que la persécution des religions en U.R.S.S. ou en Chine populaire ne les a fait disparaître.)
L’adoration des Veaux d’or (le salut au drapeau) est commun à tous les totalitarismes. La défense des idées – et donc leur discussion – fonde la démocratie.

On voit bien qu’on ne peut pas lutter contre des idées, on ne lutte que contre leur représentation ou contre leurs représentants. Si une idée est mauvaise, il faut lutter pour une idée meilleure.

Alors, j’y vais, en vrac : la liberté de conscience et d’opinion, la vie privée, la démocratie, et, comme le dit bien Michel, les idées contenues dans la Déclaration des Droits de l’Homme.

S’attaquer à des symboles n’a guère d’importance, mais si un mégot met le feu à la forêt, c’est que la forêt était bien sèche !

Pierre G. 9/11/03