Les mythes sont-ils fondés sur la réalité ?





Et la réalité qui s’offre à nous est-elle trop peu réjouissante pour nous inciter, si peu que ce soit, à rêver de l’age d’or, de « paradis perdus » ?


Le conte, à but pédagogique, aucun enfant ne s’est jamais appelé Petit Chaperon Rouge ou Petit Poucet, encore moins Peau d’Ane. La légende, faits historiques relativement récents, en général violents, ni Arthur, ni Roland n’étaient des enfants de chœur, embellis par les descendants des protagonistes cherchant à justifier une guerre, une invasion ou autres agissements tendant à leur assurer le pouvoir sur de plus faibles. Ou de moins malins.


Le mythe, tradition orale à la façon des griots africains, nous offrirait une passerelle nous reliant directement à nos plus lointains ancêtres et nous permettrait, à vingt mille ans de distance, de retracer la colonisation des continents, à partir de l’Afrique, par des groupes humains à l’expansion rapide poussés par la raréfaction des ressources locales.


Il nous offrirait également, nous dit Robert Graves, une nouvelle compréhension des panthéons sans lesquels l’homme ne peut vivre et ne serait pas homme. Et nous permettrait de constater que tous nos mythes ont des racines communes. Le matriarcat, le déluge, la pomme … Ou encore les noms donnés aux Dieux : Iahu, déesse universelle des Sumériens donnera Eurynomé chez les Grecs, puis Iahvé lorsque triomphera le patriarcat.


Car, l’age d’or a bel et bien existé : trente mille humains sur terre, des animaux par millions à portée de sagaie, garde manger sur pattes qu’il suffisait de suivre pour se nourrir, se vêtir, se loger et profiter des saisons. Bien sûr, une espérance de vie d’environ vingt cinq ans, mais pas de caries et … du temps, beaucoup de temps après le repas du soir pour utiliser ce que nous appelons intelligence. Du temps pour chercher, expliquer, créer, transmettre dans l’espace et dans le temps.


Peu de choses nous différencient d’eux : les caries, le travail, le rock, les guerres, les impôts, les cravates … et, là encore, du temps, beaucoup plus de temps qu’eux, puisque nous avons également « inventé » la santé.


Les mythes sont-ils là pour nous rappeler que nous a été offert un monde « idéal » ? Notre mémoire nous a-t-elle été donnée pour nous « punir » de l’usage que nous faisons de ce monde ?


Sont-ils surtout, plus importants que nous ne le pensons ?


Christine


retour