Peut-on rire de tout ?

 

 

            ²           Je dis « oui » à la condition de savoir s’il s’agit d’ »humour » ou bien d’une « attaque ». Tout dépend de cette nuance et aussi de l’ambiance, du moment, du contexte…

                        Même des sujets délicats, sensibles, peuvent prêter à rire et à rire franchement ! Mais dans le doute, dans le cas où le rire pourrait blesser, mieux vaut s’abstenir.

 

                        Sous prétexte de divertissement ; il y a le piège tendu par quelques médias ou humoristes professionnels qui profitent de leur position pour outrepasser leur rôle, en transformant un sujet polémique en parti pris ou attaque personnelle, dans le but de manœuvrer le public.

Le grand art du « comique » peut faire passer bien des choses. Lors de la première du « Tartuffe » à la cour, la reine mère était sortie scandalisée de l’attaque directe faite devant le roi, au puissant parti des Dévots et ainsi à l’Eglise.. Louis XIV lui s’était amusé, une fois de plus, du culot et de la justesse de Molière à dépeindre et secouer une société (pas si différente de la nôtre). Molière avait l’amitié et la protection exceptionnelles et intangibles du roi, grâce à l’acuité de son jugement, grâce à son talent. Talent ou pas, restons au moins, dans la nuance avant de rire… si possible.

 

                        Le rire ne se maîtrise pas toujours.

Jacques

 

 

 

 

                        J’aime bien rire mais cela n’est pas simple. Il faut le moment, le contexte et une réceptivité spontanée.

Le film comique reste le moyen le plus simple de réunir ces conditions, mais tous les artistes sont d’accord pour souligner la difficulté de faire rire le public. Ce public composé de tant d’individualités ne peut pas rire à l’unisson. La franche rigolade en satisfera une partie qui restera de marbre à un humour plus fin.

« La Belle Hélène » réussit la synthèse : on s’esclaffe des malheurs conjugaux de Ménélas, on rit des calembours latino/farfelus.

 

                        De la même manière qu’on dit qu’il vaut mieux en rire que d’en pleurer, le rire peut remettre à sa juste place, des situations sérieuses qui nous semblaient graves. Sans nier que cette réflexion ne soit possible qu’à un optimiste, elle permettrait peut-être un abord plus serein de difficultés mineures dont nous exagérons l’importance.

 

                        Enfin Rire de Tout, c’est tout mettre sur le même plan et je trouverais cela très triste.

 

                                                                                                                                 Monique