Le
citoyen est-il toujours complice de ce que l’on fait en son nom ?
Dans une démocratie, la notre par exemple,
nous déléguons notre pouvoir à une équipe que nous jugeons la mieux appropriée
à gérer, innover, la société dans laquelle nous vivons. Ces gouvernements élus
que certains nous envient, que d’autres exècrent, présentent tout de même
l’avantage extraordinaire de pouvoir ne pas être reconduits si nous en décidons
ainsi. Nous pourrions bien sûr, à notre époque, demander par Internet interposé
à participer à tous les votes proposés. Est-ce une bonne solution ?, je ne
le pense pas, les citoyens ne possédant que des parcelles de la connaissance
nécessaire à cette gestion. Si ce vote individuel existait aurions-nous
eu : une loi contre la peine de mort, un PACS… etc… etc. …
Aujourd’hui la question
posée est de savoir si nous nous estimons complices des décisions prises par ce
type de “ gouvernement élu ”. Complices je ne le pense pas, nous pouvons
toujours manifester notre réprobation vis-à-vis de telle ou telle décision et
de là nous démarquer par rapport à celle-ci. Des décisions, qui nous
apparaîtraient comme préjudiciables à notre société ou aux droits que nous
entendons défendre peuvent devenir insupportables. Dans ce cas, une majorité de
citoyens peut, hors élection, renverser ce gouvernement, cela s’est déjà vu, le
pouvoir de la rue est sans limite.
Mais ne jouons pas au chat et à la souris, le
problème sous-jacent à “cette complicité” est celui de la guerre en
Afghanistan.
D’une part
Le terrorisme est synonyme de fascisme,
protégé dans cette affaire par le gouvernement non moins fasciste des Talibans.
D’autre part
Les alliances, les soutiens financiers,
politiques, militaires, entre gouvernements se font et se défont, au gré de
l’évolution des intérêts économiques occidentaux. Dans ces intérêts
économiques le pétrole et le contrôle militaire de l’espace ne sont pas les
seuls. Rappelons-nous, lors de la demande d’utilisation de médicaments
génériques pour lutter contre le Sida, l’Afrique s’est heurtée au veto
américain ; Curieusement il n’en fut pas de même pour la lutte contre
l’anthrax, où l’obligation fut faite aux laboratoires Bayer de fournir
l’anti-dote au prix fixé par le gouvernement Bush.
Aussi quand il est question
de ce malheureux peuple afghan qui vit actuellement sous les bombes destinées à
Oussama Ben
Laden et à son
équipe, ceci est incontestablement insupportable pour ces populations
civiles. Mais lorsque l’on sait que la moitié de cette population est
constituée d’esclaves qui n’ont ni le droit à l’instruction ni l’accès aux
soins médicaux, à l’époque de l’application des droits fondamentaux de
l’Homme cela n’est pas supportable non plus. Aussi entre la peste et le
choléra, le choix n’est pas possible, on ne peut que combattre l’un et l’autre.
Dieu et les états continuent à faire bon ménage pour le plus grand profit de
tous les systèmes d’oppression.
Ces nouveaux terroristes du
bon Dieu, que nos gouvernements combattent, restent les uniques croyants de la
planète. Ils ont le ciel avec eux où les attendent au paradis leurs soixante-dix
Houris qui ne portent aucun vêtement plus lourd que de la dentelle, …… sacrés rêveurs !.
Le citoyen est-il toujours complice de ce que l’on fait en son
nom ?
Qui
ne dit rien consent !
Au nom de ce principe, peut-on
imaginer, un peuple bon et généreux, sans défaut, avec à sa tête un
gouvernement méchant et sans scrupule. Si oui comment est-il arrivé au
pouvoir ?
Peut-on se sentir français
lorsqu’un judoka devient champion du monde et plus du tout lorsqu’un militaire
français torture. Pourtant mes liens du sol et du sang sont les mêmes. Il est
des moments où, il est plus facile et plus agréable que d’autres, de se sentir
membre d’une communauté, d’un pays.
Si je me prétends citoyen par mes actions, mes votes, ou mes absences de votes et surtout par mes silences ce qui est forcément le cas, à moins d’être apatride, ma responsabilité est forcément engagée.
Bien sûr le pouvoir peut s’obtenir par la force. Ce qui me procure des circonstances atténuantes, mais en n’ayant pas pu l’empêcher et en n’étant pas capable d’y remédier, je suis forcément un peu coupable ou plus exactement complice. Il est trop facile et peut-être même lâche de dire :
“ oh !
je m’excuse je n’est rien vu, je n’y suis pour rien, ce n’est pas de ma faute, ce n’est pas moi, c’est lui d’abord
”.
Peut-on être une victime innocente lorsqu’à titre d’exemple, l’on vote pour Ariel Sharon, alors que tout le monde sait qu’il s’agit d’un faucon et que son programme est clair ?
Avec chaque bombe qui tombe sur l’Afghanistan, tombe une part de responsabilité de chaque américain, qu’il en jouisse, ou qu’il en souffre, je n’ai pas à me poser la question, le fait est, que je peux dire les Américains bombardent les Afghans et non pas … Bush bombarde.
La démocratie à de nombreux avantages, elle a aussi une contre partie, celle qui m’est faite, d’assumer des décisions prises en mon nom et au nom de la communauté.
Le citoyen est-il toujours complice de
ce que l’on fait en son nom ?
Si
je délègue ma voix, je suis nécessairement coupable s’il y a lieu, avec celui
ou celle qui me représente, je crois qu’il s’agit là de la base de nos
démocraties.
Suis-je toujours d’accord avec les
décisions qui sont prises en mon nom ?
Bien entendu, Non – mais le prochain
vote me permettra de changer mon délégué.
Je
pense que le débat proposé ce mois-ci, cache une embrouille
(à savoir suis-je pour ou contre
l’intervention occidentale en Afghanistan ?)
Je réponds Oui, car je suis contre la
Barbarie. Cette prise de position, me fait donc complice de toutes les horreurs
qui seront perpétrées pour changer le système politique actuel dans ce pays.
Cela ne me réjouit pas, j’aurais préféré d’autres méthodes, mais il me faut
être honnête avec l’idée que je me fait du 21ème siècle.
C’est
un siècle de haute technicité, dont chaque individu doit bénéficier, tant du
point de vue matériel que du point de vue spirituel. Je note que 50% de la
population afghane est niée dans tous ses droits, sous prétexte de son sexe, en
conséquence il s’agit d’un système barbare à détruire. Si cette prise de
position choque, les apôtres de la bonté à tous prix, je me permets de leur
rappeler que sous prétexte de ne pas montrer clairement leur réprobation , les
gouvernements d’autrefois n’ont pas évité
Que le ciel leur tombe sur
la tête lors d’un passé proche.
Monique