Rire de tout ?
Oui. Mais pas avec tout le monde !
On ne rit pas de la souffrance par exemple, devant quelqu'un qui souffre, chez qui cela peut évoquer une souffrance passée, une humiliation, sauf si c'est lui qui se place sur ce terrain. Encore faudra-t-il être très attentif à discerner la part de "posture" dans cet humour. On peut accepter beaucoup mieux son propre rire que celui des autres. Attention aussi, il peut-être si facile de mettre les rieurs de son côté.
Je me remarque souvent bien intolérante en constatant que j'évite soigneusement de rire de sujets... qu'aimerait trop mon interlocuteur : je ne raconte pas d'histoire drôle et raciste à un raciste, méchante à un méchant, de lourdes histoires belges à quelqu'un hautement persuadé de la supériorité française... Je suis d'une totale mauvaise foi ! Je ne transmets même pas les bonnes histoires un peu légères, même si j'en ris franchement, que m'envoie une nièce infirmière, professionnellement habituée à appeler un chat, un chat. Je les trouve drôles, mais tout le monde est-il capable d' en rire ?
Je pense pourtant qu'on peut rire de tout, que ce peut-être une véritable force, la suprême autodéfense, que le rire sauve du désespoir. Et il aide tant à relativiser.
Rire de tout, rire de soi, et ne jamais oublier l'autre ! Michèle