Jurés...
nommés au hasard, loterie... censés représentés "le peuple", et chacun sait que vox populi, vox Dei ! Il ne s'agit pas de supposé "échantillonnage représentatif " mais bien d'un hasard absolu, sans autre compétence requise que celle de savoir lire et écrire, de référence de moralité qu'un casier judiciaire vierge. Il leur est demandé "attention", mais pas compréhension. Ces éléments seraient-ils suffisants pour être apte à juger au point que des vies entières puissent en dépendre ?
S'y ajoute l'arbitraire, pour le juré pressenti, de s'entendre dire "récusé" sans aucune justification, parce que la tête ne plaît pas, semble indiquer que l'attitude ne sera pas celle souhaitée par telle ou telle partie.
Les jurés retenus ne sont en aucun cas interrogés sur leurs convictions : Seront-ils majoritairement larges ou coercitifs, conscients de la gravité de leur décision ou sottement flattés d'un instant de pouvoir, aptes à se forger une opinion personnelle ou à suivre l'air ambiant, la pression éventuelle du Président ? Nul ne cherche à le savoir et le secret des délibérations est bien commode.
S'y ajoute les facteurs géographiques, certaines régions étant bien plus rigides que d'autres. Attendez éventuellement l'occasion d'un déplacement pour occire votre partenaire !
Une évolution récente a heureusement permis l'appel et une deuxième "chance" est ouverte. Il est vrai que cet arbitraire joint à notre notion d' "intime conviction" a fait d'irréparables dégâts.
Mieux vaudrait des juges professionnels ? De très médiatiques cas récents ne peuvent les présenter comme plus fiables. Qu'un homme soit faillible ne me gêne pas beaucoup. Que le procureur Y.Bot ait pu, cet été, faire applaudir le juge responsable de la folie d'Outreau en annonçant "P. Burgaud " est parmi nous, me sidère : incapacité totale d'un "grand corps" à se remettre en question ? Comment imaginer qu'à titre individuel ils soient davantage prêts à douter d'eux-mêmes, élément à mon sens essentiel au moment de juger un autre. Ils ne risquent pas d'avoir à proclamer : "L'humilité est mon fort" !
Dès lors, civils, professionnels... tout est dans leur qualité et ce sont sans doute les critères de choix qu'il faudrait profondément repenser. Ce n'est pas en affirmant maladroitement que les juges qui faillissent en volant par exemple la carte bancaire d'une collègue ont toujours été très bien notés, que nous aurons confiance, mais en nommant, notant, sérieusement, que la justice retrouvera une crédibilité. Etre honoré n'a jamais signifié être honorable, c'est aussi vrai du juge tiré au sort que du professionnel. Michèle