Terme spontanément perçu comme abject.
Au pénal, le délateur est pourtant celui qui porte à
la connaissance de la justice un crime, un délit. Le Comité de Salut Public en
fait un devoir : chacun doit s'instituer garant de la vie publique pour la
régénération de la société et aujourd'hui encore nous pouvons être poursuivis
pour " non-dénonciation de crime ".
Le terme porte cependant une connotation très
négative, et nous avons été horrifiés par l'annonce, l'an dernier, de la
décision d'entendre et d'accepter les dénonciateurs anonymes.
Est-ce la dénonciation qui nous choque ou le fait
que nous ne nous fassions aucune illusion sur sa motivation ? Les contrôles des
services du cadastre, du travail au noir... se déclenchent essentiellement
après dénonciation. Souci du bien public ou jalousie mesquine, envie,
agacement. Comment expliquer la coexistence d'une "délation"
quotidienne fréquente et l'aptitude non moins fréquente des témoins
d'agressions même graves à disparaître sans réagir, sans se faire connaître ?
La délation signerait-elle la couardise ?
Sport national ? Les archives françaises de la
dernière guerre regorgent paraît-il de dénonciations. On pouvait en attendre
une prime, un emploi ou un appartement libéré... des motivations d'une noblesse
indiscutable.
Consolons-nous. Est-ce différent ailleurs ? Le maccarthysme préfigure parfaitement la
politique américaine offrant d'énormes primes pour la dénonciation de
terroristes ou responsables politiques iraquiens.
Sport national ou ressort de l'âme humaine ?
Michèle